Quel avenir pour la filière D3E ?

La majorité des filières dites de responsabilité du producteur est en France en situation de monopole. La spécificité de la filière des déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E) qui compte plusieurs éco-organismes est, pour l’essentiel, explicable par la volonté des producteurs de garantir un système pluriel vertueux tant sur le plan écologique, citoyen que financier. La pluralité est d’ailleurs de rigueur dans la grande majorité des Etats membres de l’union européenne.

A juste titre ! L’enseignement que nous pouvons tirer des précédents dans le domaine de la filière emballages, avec des cotisations excessives prélevées sur les adhérents et générant des excédents financiers sans rapport avec les besoins de la filière, a été suffisamment instructif pour que les grands producteurs de D3E décident de créer leur propre éco-organisme.

C’est dans ce cadre qu’ERP a été créé.

La campagne de dénigrement et les attaques répétées à l’encontre d’ERP France depuis des mois maintenant visent-elles à empêcher l’entrée sur le marché français d’un acteur allemand, le Groupe Landbell, qui dérange ?

Alors même que le respect de la réglementation française a toujours été, est et sera, une priorité absolue comme l’a garanti l’éco-organisme Landbell à de multiples reprises.

Les actions successives et diversifiées pour refuser d’agréer ERP France ne visent-elles pas à restreindre l’émulation et le jeu sain de la concurrence, alors qu’une situation quasi-monopolistique est en train de s’installer dans la filière D3E ?

Alors même que la lutte contre les monopoles et les situations acquises semble être un axe fort de la politique actuelle du Gouvernement…

Quels sont les intérêts en jeu dans cette affaire ?

Peut-on raisonnablement « laisser faire » et s’installer une telle campagne anti-allemande au détriment d’une filière plurielle qui, comme tout le monde le sait, est synonyme de saine émulation et d’innovation. Et ce, alors même que les objectifs français et européens imposent d’accroitre  substantiellement - dès 2016 - les taux de collecte.

A l’heure où la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, s’inquiète du sort de la centaine de salariés des abattoirs AIM, faut-il s’attendre à ce que les employés d’ERP France soient traités de la même manière ? Et que notre cas suive tristement le même chemin que celui des salariés d’Ecomouv ?

A l’heure où le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, se présente comme l’ambassadeur des investisseurs étrangers, faut-il comprendre que l’arrivée d’un investisseur allemand n’est pas aujourd’hui bienvenue en France ?

Est-ce en attaquant l’investissement étranger et en construisant - pas à pas - des monopoles que l’on va libérer les initiatives dont l’environnement et la société française ont tant besoin ?

En somme, souhaite-t-on se donner toutes les chances de satisfaire les ambitions écologiques et environnementales que l’on se donne pour notre pays ; en étant au rendez-vous des enjeux attachés à l’économie circulaire pour notre pays et nos concitoyens ?

Telle est la question.

ERP France ne transige pas sur cette ambition et souhaite accompagner l’excellence et le développement pérenne et qualitatif de l’ensemble de cette filière.

Et vous, Monsieur le Président, que souhaitez-vous pour son avenir ?

Christophe PAUTRAT
Président ERP France